Le plâtre et le petit train industriel de Mériel

Grue qui servait à manipuler le gypse pendant la seconde Guerre Mondiale.

Si Mériel ne possède pas de carrières de gypse, elle a accueilli et accueille en revanche sur son sol des usines de traitement pour la fabrication du plâtre.

A l'origine de cette activité les carrières de gypse se trouvaient pour une grande part sur la commune de Villiers-Adam. C'est le transport du gypse aux usines de traitement qui, depuis la fin du XIXè siècle jusqu'en 1932, conféra à Mériel un aspect particulier.

En 1879, l’entreprise Schoubart & Cie demande l’autorisation d’établir un chemin de fer à voie étroite (75 cm) pour transporter jusqu’à l’Oise le gypse extrait de leurs carrières de Villiers-Adam. A cette époque, les pierres à plâtre étaient chargées sur des péniches à l’emplacement de l’usine actuelle de Prestia-Lafarge. Le gypse ne devait pas être traité sur place à cette époque. Sur le port, une grue d’une flèche de 30 m assurait les transbordements. Il n’existait que deux grues semblables en France : la seconde se trouvait au Havre.

La ligne de chemin de fer était installée sur le côté gauche de la route descendant de Villiers-Adam. Elle passait dans le bois des Garennes en longeant la route. Un embranchement situé au carrefour de la Faisanderie permettait de rejoindre en tournant à gauche un dépôt, un atelier de réparation et une remise. La ligne continuait sa descente jusqu’à l’Oise. Le trafic par cette voie se faisait 4 à 6 fois par jour. La traction était mécanique à vapeur.

En 1903, la Société des plâtrières Albin Labrousse et Albert Roux succède à Henri Crépin et installe à Mériel une briquetterie-plâtrerie au bord de l’Oise, à l’emplacement de l’usine actuelle Prestia Lafarge. Elle dépose le projet de construction d’une voie ferrée étroite qui vienne se raccorder à celle descendant de Villiers-Adam, au croisement de la route de Villiers-Adam avec la sente des Carrières, au niveau des Buttes-Violettes, qui passe au nord de la sente des Carrières, à l’endroit où se trouvent actuellement les ateliers municipaux, traverse le chemin du Bel-Air, le long en montant à gauche jusqu’à la gare de marchandises de Mériel.

En 1926, la Société des plâtres fins et albâtre construisent au Bel-Air à Mériel une nouvelle usine à plâtre là où se trouvent actuellement les ateliers municipaux.

Le transport du gypse par le petit train industriel cesse en 1932.

En 1952, un arrêté accorde le permis de construire à la société Mussat et Binot pour l’aménagement et l’extension de l’usine de Mériel située aux bords de l’Oise. L’usine ne fonctionnait plus depuis plusieurs années. La cheminée que l’on peut voir sur de nombreuses photos, et qui n’existe plus, était haute de 28 m. A cette époque, les installations portuaires permettaient le chargement simultané de plusieurs péniches.

La fabrication du plâtre fait toujours partie de l’histoire de Mériel puisque l’usine de Lafarge Prestia y est toujours installée.

Quelques détails pittoresques sur le petit train à voie étroite

Lors de la traversée de la Grande-Rue et de l’actuelle avenue Victor Hugo par le chemin de fer à voie étroite, la sécurité était assurée par une mérielloise qui barrait la route avec une chaîne et agitait un drapeau rouge. En 1930, c’est Mademoiselle Louise Monique qui assurait cette responsabilité. La route qui montait à Villiers-Adam était en pierre et il n’y avait pas de trottoir. La montée jusqu’à La Faisanderie et au lotissement du Bois-du-Val était pénible pour les personnes chargées de paquets et de provisions. Lors de ses remontées à vide, le petit train s’arrêtait pour prendre les personnes qui souhaitaient son aide.

 

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